Bâbord à quai  est le fruit du long travail en peinture, photo et écriture.
Couplant régulièrement photo et peinture à chaque nouvelle toile sortie de l’atelier et dans un souci d’harmonie au niveau des couleurs,
des matières et des formats, le stock de ces « couples », de ces binômes, commençait sérieusement à augmenter,
il fallait en faire quelque chose. Et j’en rêvais !
Les binômes photo/peinture du livre ont été soigneusement sélectionnés et j’ai pris le simple parti d’un visuel esthétique sur fond noir, sobre.
Ils sont pour la plupart, reliés à des textes, fragments issus des carnets.
Quelques petits dessins au trait agrémentent les pages de mots.
Et enfin la cerise sur le bateau, ce premier livre est préfacé par mon ami Loïc Finaz, l’immense (c’est vrai qu’il est grand !). VN


Je n'aime pas les préfaces. Pourquoi rajouter des mots à ceux de l'auteur ?
Pire encore, pourquoi accoler aux formes et aux images, aux couleurs et aux
dessins d'un peintre des caractères étrangers ? Les seuls mots qui ne soient
pas indécents aux côtés de l'oeuvre de Vivi sont ceux qu'elle appose
elle-même sur ses toiles et son travail : étonnants, impertinents, justes et
décalés à la fois, pleins d'humour et de poésie...
Mais il y a l'amitié, et plus encore les complicités maritimes. Alors pour
une fois, j'obéis... même s'il faudrait s'appeler Brauquier : "Toutes les
puissances du globe sont là, dans la ville maritime... j'attends devant le
port lumineux du matin... je vois s'amarrer des tartanes... des paquebots
s'en vont vers d'autres hémisphères... j'aime les grands cargos arrêtés dans
la rade, qui ne se mêlent pas à la vie de la ville et libèrent le soir des
marins éperdus... il est temps de réhabiliter le négoce... il est beau
d'importer du coton, de l'ivoire, du camphre, des coprahs."
Dans ce pays qui méconnaît sa vocation maritime, dans une ville plus célèbre
pour son cimetière marin que pour ses armements, l'oeuvre de Vivi Navarro
est sidérante. Mais ces mots sont infirmes pour le dire. Seule la magie de
ses toiles, leurs embruns de rouille ou d'acier, seuls les secrets de ses
carnets de bord peuvent illustrer ce mystère.
Des aussières sont larguées, une coque grise quitte un quai d'hiver, une
épave veille sur la nonchalance oublieuse de la laisse du temps, dans un
flamboiement de rêveries un yacht dessine un soir austral, un cargo danse
sur la houle avec sa cargaison - de coton, d'ivoire, de camphre ou de coprah
- et s'assoupit à l'horizon, des sirènes d'appareillage éveillent une rade
foraine, une ancre esquisse l'écume d'un mouillage et "les mâts des grands
voiliers balancent dans l'air chaud le languissant bien être de s'arrêter".
Mais sur un quai, ou sur une passerelle, Vivi dans sa quête incessante
cherche à "orner les murs de ces cartes marines sur lesquelles les
capitaines se guidaient jadis vers l'Amérique latine" pour "refaire avec eux
les longues traversées"... Elle rêve, peint et dessine les flottilles et les
carènes, ses soleils jettent leurs filets d'or, ses coques nous
embarquent... et j'ai vu sa "pacotille consignée quelque part sur un journal
de bord (1)" et gravée à jamais dans nos mémoires et nos coeurs de marins.
Elle est "la mer, la mer, toujours recommencée ! (2)".

Loïc Finaz, capitaine de vaisseau et écrivain de
marine.

 

(1) (toute citation en italiques) Louis Brauquier, Je connais des îles
lointaines.
(2) Paul Valéry, Le Cimetière marin.



Extraits choisis




…La pointe avant dégouline encore un peu et une mer improbable se forme au pied du bollard N°7 épargnant de la noyade la grosse
chaîne rouillée. Le goutte à goutte ralentit, j’observe, je guette la prochaine qui se détachera avec difficulté de l’aussière rugueuse…. 

 

 



…L'Atlantic Leader prêt à appareiller laisse claquer à la surface de l'eau cette amarre tendue comme verge matinale.
N'y voyons pas là le phantasme de la femme mais le délire de l'artiste !... 

 

 



 …Depuis le quai et juste avant la première marche, j’observe, je savoure.
La coupée vertigineuse trouve son point de fuite dans le ciel bleu.
Emotion chaque fois renouvelée, mon cœur bat la chamade, j’ai les jambes molles.
Il faut être complètement fondue...

 

 



… Alors j’embrasserai l’horizon que nul obstacle ne viendra obstruer.
Je divaguerai entre deux ponts à contempler la mer d’un regard frontal et tendre… 

 

 



…C’est le jour du départ, jour du retour dans notre Ile Singulière et Bleue et à 11h j’ai rendez-vous à l’amirauté, un embarquement se dessine.
Au bout du monde tout peut arriver. Brest est le bout du monde !
Je m’offre une errance Quai de la Douane, mon quartier général où j’ai quelques habitudes… 

 

Le livre est disponible chez :

www.edition-flam.com

FNAC Montpellier
Librairie Sauramps Montpellier
Nouvelle Librairie Sétoise Sète
Librairie L’Echappée Belle Sète
Librairie Le Flot des Mots Sète
Librairie Dialogues Brest
Galerie Estades Toulon
Galerie Dock Sud Sète